Je rentre le matin dans l’atelier avec un schéma de travail bien établi. Pourtant, curieusement, dès que j’ouvre la porte, mes idées se brouillent. À l’odeur des huiles et des vernis, j’oublie tout point de départ.

Je m’assois donc un petit moment et me laisse envahir par les parfums de la peinture sans y opposer de résistance.

J’observe alors, avec un certain détachement, le travail de la veille.

Je corrige des courbes, redresse des arbres, allume une fenêtre, ferme une porte, sécurise un pont, déplace les personnages…

Cette seconde lecture me permet d’entrer dans l’univers du spectateur.

Regarder un tableau c’est lire un livre, le spectateur est un lecteur actif, le peintre un écrivain, la toile devient un espace de narration, les touches deviennent des mots, les couleurs des phrases, le geste façonne l’atmosphère… puis à la fin, cela donne une histoire où chacun se retrouve à sa manière.

J’ai choisi de m’exprimer dans le figuratif et les Impressionnistes sont le nord de ma boussole, sans leur repère je risque de me perdre.

Sans Ana, je n’aurais pas de mobile, je n’aurais plus de motifs.


Elle est le moteur qui m’impulse, sans elle, même les couleurs perdraient le sens.
Elle est belle et aimante, je dois cette lueur de créativité à sa compagnie.
Souvent elle est si enthousiaste ! Elle me rassure dans cette activité quotidienne. Elle me donne le courage d’affronter les exigences de ce monde de l’art qui peut parfois être cruel et éprouvant.


Je la remercie de croire en moi et de me soutenir en toutes circonstances, de m’accompagner dans les dures épreuves et de m’aider à remonter la pente quand le chemin est escarpé.
Elle me fait rire. Elle est ce qui m’est arrivé de plus beau !

Patrick.

Vous parler d’elle…

Avec Patrick, on s’est rencontré il y a 25 ans dans le jardin d’amis communs, un jour d’été, en vacances dans sa Charente natale. On s’est vu, on s’est parlé et on ne s’est plus quitté.

J’aime, de temps à autre, relire cet extrait du poème « Les bons chiens » de Charles Baudelaire que j’aimerais partager ici :

« Je chante les chiens calamiteux, soit ceux qui errent, solitaires, dans les ravines sinueuses des immenses villes, soit ceux qui ont dit à l’homme abandonné, avec des yeux clignotants et spirituels : Prends-moi avec toi, et de nos deux misères nous ferons peut-être une espèce de bonheur » .

Bien que nous ne soyons pas deux chiens calamiteux, ou peut être les sommes nous tous un peu, je ne sais pas mais, quelle chance d’avoir su rassembler nos solitudes et d’en faire cette espèce de bonheur !

Il est ma moitié.

Ana.

Vous parler de lui…

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